Un peu de moi

  • Ashimati
  • Ashimati
  • Homme
  • libertaire Poète maudit rêvant d'un monde qui n'existe plus un peu écrivain
  • Amoureux de la liberté, respirer le vent est mon crédo

I N F O S

Sceau fond blancThierry Le Gall

Couv-recueil.JPG


Un prénom Lola, pour une femme imaginaire, mais qui est la ligne directrice de nombre de mes poèmes, dont le maître mot reste l’amour, le vrai, le pur, le faux l’inaccessible, l’impossible. L’amour dans tous ses états, entrecoupé également de coups de gueule, de cris, et de désarrois.

 

Lola, c’est la femme que l’on aime, que l’on déteste, que l’on adule, que l’on hait, mais c’est avant tout la femme dans toute sa splendeur et dans toutes ses faiblesses, celle que l’on aime protéger et celle sans laquelle on ne peut vivre.

 

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Vivre sans se retourner

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J'utilise pour illustrer mes textes des images prises sur le net

Si je fais du tort à qui que ce soit, dites-le moi et je retirerai immédiatement les photos

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Je mène ma vie et toi la tienne
Je ne suis pas ici pour me plier à tes attentes
Et tu n'es pas ici pour te plier aux miennes
Tu es toi et je suis moi
Et si par chance nous nous trouvons
Ce sera merveilleux

Frédérick Perls

Chaine tournante

Le roman inachevé

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre.
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant.
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre.
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

J'ai tout appris de toi sur les choses humaines.
Et j'ai vu désormais le monde à ta façon.
J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines.
Comme au passant qui chante, on reprend sa chanson.
J'ai tout appris de toi jusqu'au sens de frisson.

J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne.
Qu'il fait jour à midi, qu'un ciel peut être bleu
Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne.
Tu m'as pris par la main, dans cet enfer moderne
Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux.
Tu m'as pris par la main comme un amant heureux.

Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes.
N'est-ce pas un sanglot que la déconvenue
Une corde brisée aux doigts du guitariste
Et pourtant je vous dis que le bonheur existe.
Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues.
Terre, terre, voici ses rades inconnues.

Louis Aragon

Chaine tournante     celtes drapeau

Gwenn modif 2

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Chaine tournante

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Ann Lindfjeld

Chaine tournante

Maryline 1

Chaine tournante

 

 

 

 

 


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Samedi 17 mars 2012 6 17 /03 /Mars /2012 00:35

 

 


 

Tiens, qu'est-ce que tu fais là ?
C'est moi, c'est Nathalie
Quoi tu me reconnais pas ?
Mais si.

On était ensemble au lycée
C'est vrai, j'ai changé
J'ai des enfants, un mari
Bah quoi, t'as l'air surpris.

J'étais pas destinée
A une vie bien rangée
J'étais perdue
Mon mari m'a trouvée.

J'étais de celles
Qui disent jamais non
Les "Marie couche-toi là"
Dont on oublie le nom.

J'étais pas la jolie
Moi, j'étais sa copine
Celle qu'on voit à peine
Qu'on appelle machine.

J'avais deux ans de plus
Peut-être deux ans de trop
Et j'aimais les garçons
Peut-être un peu trop.

Bien sûr, vous aviez eu
Des dizaines de conquêtes
Que personnes n'avaient vues
Toujours pendant les fêtes.

Pour beaucoup d'entre vous
Je suis la première fois
De celles qui comptent
Mais pas tant que ça.

Je n'étais pas de celles
A qui l'on fait la cour
Moi, j'étais de celles
Qui sont déjà d'accord.

Vous veniez chez moi
Mais dès le lendemain
Vous refusiez en public
De me tenir la main.

Quand vous m'embrassiez
A l'abri des regards
Je savais pourquoi
Pour pas qu'on puisse nous voir.

Alors je fermais les yeux
A m'en fendre les paupières
Pendant que pour guetter
Vous les gardiez ouverts.

Je me répétais :
" Faut pas que je m'attache "
Vous vous pensiez :
" Il faut pas que ça se sache "

Mais une fois dans mes bras
Vos murmures essoufflés
C'est à moi, rien qu'à moi
Qu'ils étaient destinés.

Enlacée contre vous
A respirer vos cheveux
Je le sais, je l'affirme
Vous m'aimiez un peu.

Certaines tombent amoureuses
C'est pur, ça les élève
Moi, je tombais amoureuse
Comme on tombe d'une chaise.

Et gonflés de l'avoir fait
Vous donniez conférence
Une souris qu'on dissèque
Mon corps pour la science.

Je nourrissais
Vos blagues de caserne
Que vous pensiez viriles
Petits hommes des cavernes.

D'avoir pour moi
Un seul mot de tendresse
Vous apparaissait
Comme la pire des faiblesses.

Vous les fiers à bras
Vous parliez en experts
Oubliant qu'dans mes bras.

Vous faisiez moins les fiers
Et les autres filles
Perfides petites saintes
M'auraient tondue les cheveux
A une autre époque.

Celles qui ont l'habitude
Qu'on les cajole
Ignorent la solitude
Que rien ne console.

Vous veniez chez moi
Mais dès le lendemain
Vous refusiez en public
De me tenir la main.

Par Ashimati - Publié dans : Vidéos - Communauté : Ami-mot
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Vendredi 16 mars 2012 5 16 /03 /Mars /2012 03:17

 

 

  La tendresse


On peut vivre sans richesse
Presque sans le sou
Des seigneurs et des princesses
Y'en a plus beaucoup
Mais vivre sans tendresse
On ne le pourrait pas
Non, non, non, non
On ne le pourrait pas

On peut vivre sans la gloire
Qui ne prouve rien
Etre inconnu dans l'histoire
Et s'en trouver bien
Mais vivre sans tendresse
Il n'en est pas question
Non, non, non, non
Il n'en est pas question

Quelle douce faiblesse
Quel joli sentiment
Ce besoin de tendresse
Qui nous vient en naissant
Vraiment, vraiment, vraiment

Le travail est nécessaire
Mais s'il faut rester
Des semaines sans rien faire
Eh bien... on s'y fait
Mais vivre sans tendresse
Le temps vous paraît long
Long, long, long, long
Le temps vous parait long

Dans le feu de la jeunesse
Naissent les plaisirs
Et l'amour fait des prouesses
Pour nous éblouir
Oui mais sans la tendresse
L'amour ne serait rien
Non, non, non, non
L'amour ne serait rien

Quand la vie impitoyable
Vous tombe dessus
On n'est plus qu'un pauvre diable
Broyé et déçu
Alors sans la tendresse
D'un cœur qui nous soutient
Non, non, non, non
On n'irait pas plus loin

Un enfant vous embrasse
Parce qu'on le rend heureux
Tous nos chagrins s'effacent
On a les larmes aux yeux
Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu...
Dans votre immense sagesse
Immense ferveur
Faites donc pleuvoir sans cesse
Au fond de nos cœurs
Des torrents de tendresse
Pour que règne l'amour
Règne l'amour
Jusqu'à la fin des jours

On peut vivre sans richesse Presque sans le sou Des seigneurs et des princesses Y'en a plus beaucoup Mais vivre sans tendresse On ne le pourrait pas Non, non, non, non On ne le pourrait pas On peut vivre sans la gloire Qui ne prouve rien Etre inconnu dans l'histoire Et s'en trouver bien Mais vivre sans tendresse Il n'en est pas question Non, non, non, non Il n'en est pas question Quelle douce faiblesse Quel joli sentiment Ce besoin de tendresse Qui nous vient en naissant Vraiment, vraiment, vraiment Le travail est nécessaire Mais s'il faut rester Des semaines sans rien faire Eh bien... on s'y fait Mais vivre sans tendresse Le temps vous paraît long Long, long, long, long Le temps vous parait long Dans le feu de la jeunesse Naissent les plaisirs Et l'amour fait des prouesses Pour nous éblouir Oui mais sans la tendresse L'amour ne serait rien Non, non, non, non L'amour ne serait rien Quand la vie impitoyable Vous tombe dessus On n'est plus qu'un pauvre diable Broyé et déçu Alors sans la tendresse D'un coeur qui nous soutient Non, non, non, non On n'irait pas plus loin Un enfant vous embrasse Parce qu'on le rend heureux Tous nos chagrins s'effacent On a les larmes aux yeux Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu... Dans votre immense sagesse Immense ferveur Faites donc pleuvoir sans cesse Au fond de nos coeurs Des torrents de tendresse Pour que règne l'amour Règne l'amour Jusqu'à la fin des jours Lire la suite: http://www.greatsong.net/PAROLES-BOURVIL,LA-TENDRESSE,22482.html
On peut vivre sans richesse Presque sans le sou Des seigneurs et des princesses Y'en a plus beaucoup Mais vivre sans tendresse On ne le pourrait pas Non, non, non, non On ne le pourrait pas On peut vivre sans la gloire Qui ne prouve rien Etre inconnu dans l'histoire Et s'en trouver bien Mais vivre sans tendresse Il n'en est pas question Non, non, non, non Il n'en est pas question Quelle douce faiblesse Quel joli sentiment Ce besoin de tendresse Qui nous vient en naissant Vraiment, vraiment, vraiment Le travail est nécessaire Mais s'il faut rester Des semaines sans rien faire Eh bien... on s'y fait Mais vivre sans tendresse Le temps vous paraît long Long, long, long, long Le temps vous parait long Dans le feu de la jeunesse Naissent les plaisirs Et l'amour fait des prouesses Pour nous éblouir Oui mais sans la tendresse L'amour ne serait rien Non, non, non, non L'amour ne serait rien Quand la vie impitoyable Vous tombe dessus On n'est plus qu'un pauvre diable Broyé et déçu Alors sans la tendresse D'un coeur qui nous soutient Non, non, non, non On n'irait pas plus loin Un enfant vous embrasse Parce qu'on le rend heureux Tous nos chagrins s'effacent On a les larmes aux yeux Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu... Dans votre immense sagesse Immense ferveur Faites donc pleuvoir sans cesse Au fond de nos coeurs Des torrents de tendresse Pour que règne l'amour Règne l'amour Jusqu'à la fin des jours Lire la suite: http://www.greatsong.net/PAROLES-BOURVIL,LA-TENDRESSE,22482.html
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Lundi 12 mars 2012 1 12 /03 /Mars /2012 04:56

On the road, somewhere else.

Viens ma folie, viens encore
coller tes dentelles contre mon cuir usé
Tu sais, ta peau sur mes brûlures,
c'est comme un collier de diam’s autour du cou.
Ca réchauffe les artères
Même bourrées de speed.
La lumière et le vent
c'est pour aujourd’hui,
Comme une grande baffe dans la gueule
Un uppercut en pleine tronche
Je ne te promets rien,
juste un peu de liberté
pour coiffer tes cheveux
et l'odeur du bitume pour parfumer ton corps.
J’en ai marre de croupir ici, dans la fange et le dégueulis
De cette ville pourrie où tout est noir
Comme un coffiot vide dans les mains d’un braqueur
Ici ça pue le sang et la vermine.
Viens ma folie, foutons le camp
ce monde n'est plus à nous
mais la route nous appartient
ici, plus de lendemains,
plus de murs,
Rien que le ciel dans tes yeux
Où s’accrochent les éclats
De ton rire
Au croissant de tes lèvres
A mordre pour survivre
Sur ce ruban asphalte.
Viens contre moi
poser tes papillons
sur le champ de ma peau,
Tu sais
T'as fait tomber les derniers barbelés,
Viens juste mourir
Et virer cette putain d’vie
Grise et glacée qui te
Gangrène le cœur,
Viens ma folie
On s’tire droit devant
y'a rien derrière...


Ashimati et Feu
10 Mars 2012


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Vendredi 9 mars 2012 5 09 /03 /Mars /2012 03:19

monetfecamp.jpg

Penty

 

Elle était là sur son rocher

Planté au sud, la mer en face

Elle était là sur son rocher

Brisant secret du temps qui passe

 

Elle était là bravant les vents

Murs interdits de ma jeunesse

Elle était là bravant les vents

Comptant les traits de ma vieillesse

 

Elle était là sous le crachin

Dans la beauté des granits roses

Elle était là sous le crachin

Des ans passés au fil des proses

 

Je reviendrai mourir ici

Je reviendrai au sans-souci

 

Penty : maisonnette bretonne isolée, au toit d'ardoise très pentu  

 

tableau de Monet, Falaise vers Fécamp, 1881, Art gallery Aberdeen 

Thierry
08 mars 2012



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Dimanche 4 mars 2012 7 04 /03 /Mars /2012 02:49

 ocean.jpgÔkeanós


Sur l'il de ses minuits, elle court dans les rues
Les pavés gris claquant au rythme de son cœur
Hypocrites miroirs de toute sa frayeur
Lui renvoyant le noir des ombres disparues

Les fantômes du port lui parlent d'un vaisseau
Aux cuivres rutilants et aux voiles écrues
Qui emporte ses yeux si loin de son trousseau

Son regard mouillé suit l’écume vagabonde
De son amour perdu s'évaporant dans l'onde

Et elle a tout jeté au fond du caniveau

Il lui avait conté le vent, le chant des vagues
L'effort et la douleur quand murmure le bois
Seul sur l'immensité, loin de tous ces bourgeois
Un souffle d'océan qui emporte les bagues

Mais là, face au désert, à son manque de peau
Léguant son âme aux flots, petite sœur des algues
Elle vomit cette mer qui la mène au tombeau

A l’horizon brouillé elle a rendu les armes
D'un avenir maudit qui s'enfuit dans les larmes

Et elle a tout jeté au fond du caniveau

FeudeBelt et Ashimati
03 mars 2012

 


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Samedi 3 mars 2012 6 03 /03 /Mars /2012 03:18

 

 


 

Les taxis roulent,le jour commence
Petit matin de nuit blanche
Nue sur le divan, Cheveux jusqu'aux seins
Boby fume une cigarette
Elle noie ses doutes, au fond d'un verre
Pour faire venir le sommeil
Dans sa vie dissolue, le temps ne compte plus
Il est six heures, elle ouvre ses mails
Pas de nouvelles des éditeurs à qui elle envoie ses textes
Pas de nouvelles de ce garçon tant aimé un soir d'ivresse
Elle oublie de manger, rien dans le frigo
Déjeuner chez sa mère, faudra se lever tôt
Personne en ligne sur 1200 profils
Elle se ressert de l'alcool
Elle s'en fout, elle vit seule


Refrain :
Elle n'a jamais vraiment sommeil
Le jour se lève, au milieu de la nuit
Chez elle ou ailleurs, c'est pareil
C'est la même insomnie

Elle n'a jamais vraiment sommeil
Le jour se lève, tendre est la nuit
Hier ou demain c'est pareil
C'est la même mélancolie


Les taxis roulent, la nuit commence
Dans les rues des night club
Boby se lèce, zéro mail
Dommage elle enfile une robe
Destination anesthésie
Ce soir elle fait la fête
Elle commande un gin au bar
Lance une discute aux toilettes
Elle se remaquille, défait ses cheveux
N'oublie aucun détail, nettoie sa carte bleue
La soirée bat son plein, les pansements de la nuit
Les prénoms qu'on retient, les promesses qu'on oublie
Elle a peur du chagrin, les sourires qui s'ennuient
Les baisers que l'on vole, les conneries que l'on dit
L'arrivée du matin, les trottoirs sous la pluie
Le retour en taxi, et les taxis roulent


Refrain :
Elle n'a jamais vraiment sommeil
Le jour se lève, au milieu de la nuit
Chez elle ou ailleurs, c'est pareil
C'est la même insomnie

Elle n'a jamais vraiment sommeil
Le jour se lève, tendre est la nuit
Hier ou demain c'est pareil
C'est la même mélancolie


Et les taxis roulent, et tu fermes les yeux, et puis ...

Et les taxis roulent, et tu fermes les yeux,

Et tu relèves ton col sous la pluie
Et tu remontes le boulevard dans la nuit

Et les taxis roulent


Refrain :

Elle n'a jamais vraiment sommeil
Le jour se lève, au milieu de la nuit
Chez elle ou ailleurs, c'est pareil
C'est la même insomnie

Elle n'a jamais vraiment sommeil
Le jour se lève, tendre est la nuit
Hier ou demain c'est pareil
C'est la même mélancolie

Les taxis roulent, le jour commence
Petit matin de nuit blanche

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Mardi 28 février 2012 2 28 /02 /Fév /2012 03:07

 

 


 

 

C'est moi, c'est l'Italien
Est-ce qu'il y a quelqu'un
Est-ce qu'il y a quelqu'une
D'ici j'entends le chien
Et si tu n'es pas morte
Ouvre-moi sans rancune
Je rentre un peu tard je sais
18 ans de retard c'est vrai
Mais j'ai trouvé mes allumettes
Dans une rue du Massachussetts
Il est fatiguant le voyage
Pour un enfant de mon âge

Ouvre-moi, ouvre-moi la porte
Io non ne posso proprio più
Se ci sei, aprimi la porta
Non sai come è stato laggiù

Je reviens au logis
J'ai fais tous les métiers
Voleur, équilibriste
Maréchal des logis
Comédien, braconnier
Empereur et pianiste
J'ai connu des femmes, oui mais
Je joue bien mal aux dames, tu sais
Du temps que j'étais chercheur d'or
Elles m'ont tout pris, j'en pleure encore
Là-dessus le temps est passé
Quand j'avais le dos tourné

Ouvre-moi, ouvre-moi la porte
Io non ne posso proprio più
Se ci sei, aprimi la porta
Diro come è stato laggiù

C'est moi, c'est l'Italien
Je reviens de si loin
La route était mauvaise
Et tant d'années après
Tant de chagrins après
Je rêve d'une chaise
Ouvre, tu es là, je sais
Je suis tellement las, tu sais
Il ne me reste qu'une chance
C'est que tu n'aies pas eu ta chance
Mais ce n'est plus le même chien
Et la lumière s'éteint

Ouvrez-moi, ouvrez une porte
Io non ne posso proprio più
Se ci siete, aprite una porta
Diro come è stato laggiù

Paroles: Jean-Loup Dabadie. Musique: François Bernheim

 

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Samedi 25 février 2012 6 25 /02 /Fév /2012 20:02

 

 


 

 

Non, Jef, t’es pas tout seul
Mais arrête de pleurer
Comme ça devant tout l’monde
Parce qu’une demi-vieille
Parce qu’une fausse blonde
T’a relaissé tomber
Non, Jef, t’es pas tout seul
Mais tu sais qu’tu m’fais honte
A sangloter comme ça
Bêtement devant tout l’monde
Parce qu’une trois quarts putain
T’a claqué dans les mains
Non, Jef, t’es pas tout seul
Mais tu fais honte à voir
Les gens se paient not’ tête
Foutons l’camp de c’trottoir
Viens, Jef, viens, viens, viens!

{Refrain:}
Viens, il me reste trois sous
On va aller s’les boire
Chez la mère Françoise
Viens, Jef, viens
Viens, il me reste trois sous
Et si c’est pas assez
Ben il m’restera l’ardoise
Puis on ira manger
Des moules et puis des frites
Des frites et puis des moules
Et du vin de Moselle
Et si t’es encore triste
On ira voir les filles
Chez la madame Andrée
Paraît qu’y en a d’nouvelles
On r’chantera comme avant
On s’ra bien tous les deux
Comme quand on était jeunes
Comme quand c’était le temps
Que j’avais d’l’argent

Non, Jef, t’es pas tout seul
Mais arrête tes grimaces
Soulève tes cent kilos
Fais bouger ta carcasse
Je sais qu’t’as le cœur gros
Mais il faut le soulever, Jef
Non Jef t’es pas tout seul
Mais arrête de sangloter
Arrête de te répandre
Arrête de répéter
Qu’t’es bon à t’ outre à l’eau
Qu’t’es bon à te pendre
Non, Jef, t’es pas tout seul
Mais c’est plus un trottoir
Ça d’vient un cinéma
Où les gens viennent te voir
Viens, Jef, allez viens, viens!

{Refrain:}

Viens, il me reste ma guitare
Je l’allumerai pour toi
Et on s’ra espagnols
Jef, viens, viens
Comme quand on était mômes
Même que j’aimais pas ça
T’imiteras l’rossignol
Jef,
Puis on s’trouvera un banc
On parlera d’l’Amérique
Où c’est qu’on va aller, tu sais
Quand on aura du fric
Jef, viens
Et si t’es encore triste
Ou rien qu’si t’en as l’air
J’te raconterai comment
Tu d’viendras Rockefeller
On s’ra bien tous les deux
On r’chantera comme avant
Comme quand on était beaux
Jef,
Comme quand c’était l’temps
D’avant qu’on soit poivrots

Allez viens Jef, viens
Ouais! Ouais, Jef, ouais, viens!

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Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 17:03
Khara Choûn (part 2 et fin)

Khara Choûn



Les années passaient et le comte écumait les régions de plus en plus loin de son domaine pour donner le change. Désormais peu lui importait toutes ces années de vie, ce qu’il ressentait lorsqu’il versait le sang des vierges sur Khara Choûn était devenu bien plus important. Son corps vieillissait lui rappelant l’adage du sorcier - la fleur de nouveau refleurira, mais l’homme ne pourra jamais redevenir jeune - mais son esprit, lui restait ardent et sa vigueur était sans égale. Qu’importe toutes ces jeunes femmes, leurs corps lui procuraient tant de plaisir.
Un jour qu’il errait à la recherche d’une nouvelle proie, il s’arrêtât dans une auberge pour se restaurer et restât subjugué par la beauté d’une toute jeune fille qui servait les clients. Se renseignant auprès de l’aubergiste, celui-ci lui apprit qu’elle n’était autre que sa plus jeune fille et qu’elle s’appelait Irisz Blanka. Le comte sentit monter en lui une irrésistible envie de la mettre dans son lit. Ce sentiment qui ne le torturait plus depuis qu’il tuait, refaisait de nouveau surface et une envie folle lui traversa l’esprit – Je vais l’épouser et lui offrir le secret de la vie éternelle.

L’aubergiste fut très surpris de la demande. Il avait entendu parler de la famille Zwariski mais n’aurait jamais imaginé une telle opportunité. Après quelques palabres et la promesse d’une dote fort conséquente, l’aubergiste accepta et en fit part à la toute jeune fille qui baissa les yeux devant son futur époux et maître.

Le comte regagna seul ses terres dès le lendemain, pour faire préparer la cérémonie.
Il réunit ses domestiques et donna ses ordres pour que tout soit prêt rapidement. Le mariage devait avoir lieu à moins d’un mois, comme cela avait été convenu avec le père d’Irisz Blanka.
Les quelques jours qui suivirent son retour, Zwariski devant mettre au point ou terminer quelques affaires en cours, il eut peu le loisir de penser à la pierre autour de son cou. D’autre part, il devait bien s’avouer qu’Irisz Blanka, occupait ses pensées. Il la revoyait, servant les yeux baissés, les clients aux tables de l’auberge. Sous sa robe très simple, sa silhouette juvénile laissait entrevoir un corps aux formes déjà bien faites qui devraient encore s’épanouir. Ses yeux en amande et des jolies lèvres, posées comme deux pétales de rose délicatement ourlés étaient un appel à la sensualité.
Sensualité… le comte se surprit lui-même à prononcer à voix basse ce mot. Lui qui depuis des semaines écumait la région en semant la mort pour une jouissance solitaire mais ô combien intense, il en était arrivé à ne plus se souvenir de ce mot. Cette pensée le troubla.

Un matin, assis à son bureau, penché au-dessus de quelques papiers qu’il avait à finir, le comte sentit le diamant se balancer doucement au bout de la chaîne qu’il portait toujours à son cou.
Ses doigts effleurèrent délicatement la pierre noire et froide, lorsque des picotements apparurent dans sa main, comme si le diamant voulait lui dire quelque chose. Il le fixa et vit en son centre un lac de sang, le lac des vierges. Il avait tué dix sept fois, mais il en ressentait de nouveau le besoin. Au moins une fois avant le mariage et après….
Pris d’une soudaine envie, le comte s’enfuit pratiquement de son château à la recherche d’une nouvelle proie. Il galopa des heures, au mépris de son cheval et quand ce dernier s’arrêtât épuisé, couvert d’écume blanche, il était près d’un couvent. Il se mit à couvert et observa une nonne qui s’occupait des ruches avoisinant le bâtiment. Sans se soucier d’être reconnu ou repéré, il s’approcha d’elle avec un grand sourire et d’un seul jet, lui plantât sa dague en plein cœur. Il trainât le corps à l’abri des regards et posât directement le diamant sur le sang qui s’écoulait de la blessure.
Cette fois ci, plus que toutes les autres fois il crut défaillir tant son plaisir fut immense. Khara Choûn étincelait de plus belle à chaque vague rouge qui déferlait. L’homme quant à lui, au rythme de ces mêmes vagues, sentait monter la jouissance, qui s’amenuisait légèrement l’instant d’après, pour réapparaître, plus envahissante, plus forte, plus explosive. Il sentit l’ultime venir, elle monta en lui, brûlante et impétueuse, pour se concentrer autour de ses reins, puis éclata, laissant le comte tendu comme une corde, le visage marqué par la douleur du plaisir. De ses lèvres s’échappait une plainte plus qu’un cri.
A l’intérieur du diamant, le lac de sang était devenu une mer déchaînée qui ne s’apaisa que bien plus tard.
Il se traina loin à l’écart, haletant et tremblant ; les gouttes de sueur lui coulaient sur le front le cou et le torse. Il était dans un état second, incapable de remonter sur sa monture, les cloches du couvent lui arrivaient lointaines mais les cris horrifiés des nonnes qui venaient de trouver le corps de leur condisciple le fit revenir avec difficulté. Il courut tant bien que mal à travers les arbres et les broussailles, pour retrouver son cheval, il dût faire un effort surhumain pour se hisser sur les étriers, et disparaître. Il arriva chez lui aussi trempé que l'animal, il s'enferma dans son bureau, cette fois-ci il avait bien failli se faire prendre, il en était conscient, était-ce donc cela qui dès lors devait intensifier son plaisir?

Les cloches de la petite chapelle carillonnaient à la volée, annonçant un heureux évènement, le seigneur des lieux prenait épouse. Personne ne connaissait vraiment la future mariée, mais tous s’arrêtaient à dire qu’elle était d’une grande beauté, malgré la fragilité qui semblait poindre dans son regard. Le comte affichait le sourire radieux de celui à qui tout sourit, fier et sûr de lui, il ne lui manquait rien, il possédait la vie éternelle, le plaisir que lui procurait la pierre et la plus belle femme de la région, il était comblé, et aucun nuage noir se semblait pouvoir mettre un terme à ce bonheur.
Elle apparut enfin dans une simple robe de lin blanc, ceinturée d’une chaine d’or, cadeau du maitre des lieux, avec dans les cheveux quelques fleurs des champs et les pieds nus, splendide de simplicité. Le comte Zwariski sentit monter en lui une joie immense, avec elle, il irait au bout de tout, bien plus loin que ses rêves, rien ne pouvait désormais entacher son bonheur.
La timide épouse allait devoir se faire à sa nouvelle vie, dans ce vaste manoir entouré d’un parc immense aux massifs de fleurs délicates et parfumées. Tout le personnel de la maisonnée était enchanté de l’avoir pour maitresse des lieux. La vie du comte avait été certes, bien remplie, mais il manquait une présence féminine, et ils pensaient tous, qu’Irisz Blanka allait adoucir et illuminer les jours futurs.
Loin du faste, dans le petit village de la future mariée, une vieille femme marmonnait, perdue au milieu de la fumée de l’encens des plantes magiques. Sur le sol, les petits galets gravés avaient parlé. Depuis la naissance d’Irisz Blanka, ces pierres cherchaient à lui révéler quelque chose au sujet de la jeune fille. La vieille femme avait toujours veillé sur elle, en secret bien souvent, en éloignant le mauvais sort. Mais aujourd’hui, la nécromancienne devait réunir tous les plus puissants esprits avec elle, afin de contrer le message que la septième rune venait de laisser et qui rougissait la poussière. S’il n’était pas déjà trop tard.
Que cette journée fût réussie, tout fut merveilleux, dans la douceur du jeune printemps, le comte Zwariski et Irisz Blanka étaient désormais mari et femme, et de ce fait, la jeune femme avait le titre de comtesse. Mais pour elle cela ne signifiait encore pas grand-chose. Son époux serait là et elle se sentait rassurée pour affronter ses nouvelles obligations, auxquelles un mois auparavant, elle n’avait jamais songé.
Le moment vint pour les invités de prendre congé du jeune couple quand soudain des gens d’armes et des soldats envahirent la cour du manoir.
Le comte devint blême, se doutant du pourquoi de leur présence, mais comment avaient-ils pu savoir, lui qui avait toujours agit avec une extrême prudence ? Et puis soudain un grand rire s’éleva de la cour – Que pouvaient-ils bien lui faire, lui qui avait désormais la vie éternelle.
Il fut enfermé dans les geôles de son propre château et son procès fut rapidement expédié sur le fait que chaque voyage du comte correspondait avec l’assassinat d’une jeune fille et qu’il ne pouvait justifier aucun de ses déplacements. Il avoua, sûr de lui et fut condamné au bûcher pour sorcellerie.
La vieille nécromancienne fichait d’un œil apeuré les runes qu’elle venait de lancer, la septième laissait couler un flot continu de sang, du sang noir, présage de mauvais augure. Cette nuit allait être une nuit de mémoire, de celle que l’on raconterait dans mille ans, une nuit d’atrocités, laquelle, en dépit de toutes ses connaissances, elle ne pouvait contrer. Elle restait là, dans la nuit qui tombait, accroupie devant les pierres qui seules, reflétaient la blancheur de la pleine lune, jetant des reflets étranges autour d’elles.
Irisz Blanka, enfermée dans sa chambre, contemplait le collier au diamant noir que le comte lui avait donné lors de son arrestation, le serrant dans son poing jusqu’au sang.
On accordât à Irisz Blanka un seul droit de visite que le comte mit à profit pour lui parler du diamant et lui expliquer la formidable opportunité qu’il lui offrait. Il allait lui offrir la vie éternelle. La jeune fille l’écoutât durant des heures, les yeux fixés sur Khara Choûn et quand il eut terminé, son regard était imprégné d’une lueur maléfique. Ce que lui avait prédit la vieille arrivait enfin, elle allait régner et vivre aux travers des siècles et aujourd’hui peu lui importait qu’elle ait à tuer. Elle resterait pour les siècles aux côtés de son époux.
Le soir même, on trainât le comte sur le bûcher auquel on mit le feu, ce dernier brulât toute la nuit, et au petit matin, au milieu d’un tas de cendres, le comte Zwariski, indemne, toisait du regard ses détracteurs et éclatât d’un rire qui fit frémir toute l’assemblée réunie. Ainsi donc, il était possédé.

L’ordre fut donné de lui transpercer le cœur avec une lance, mais quand on retira la lance, la plaie se cicatrisa immédiatement, on ne pouvait le tuer. Qu’à cela ne tienne, puisqu’il devait vivre, il vivrait emmuré dans un endroit secret pour le restant de ses jours.

Personne ne sut jamais où le comte fut mené, mais les meurtres cessèrent dans le comté à partir de cet instant.

Irisz Blanka disparut ce jour-là et personne ne la revit jamais, mais quand elle fût seule au milieu de la forêt, elle s’ouvrit les veines et trempât le diamant noir dans son propre sang et soudain, une flamme rouge et or fusa de la pierre, entourant le corps de la comtesse qui semblait suspendue dans les airs et elle entendit la voix de Khara Choûn : ‘’ L'homme qui naît n'accomplit pas l'âge de cent ans, mais il emporte des malheurs pour mille années* . Les murs donnent de l’ombre et le rayon de lune du miel, ta malédiction prendra fin à la croisée des deux. Retrouve mon maître’’
Une fois bu tout le sang, on entendit une dernière fois la complainte s’évader du joyau puis ce fut le silence, au fond duquel, légère et cristalline, chantait l’eau de la rivière sur les cailloux pour aller se perdre dans le petit lac en contrebas. La pleine lune donnait une couleur d’argent mat à la scène, que seuls venaient troubler par instant, les éclairs dorés du diamant.
Ainsi, toutes les sept lunes, chacun a vu une fois au moins à la nuit tombée, la comtesse Irisz Blanka Zwariski revenir sur ses terres pour réclamer son dû : sa nuit de noces qu’elle n’avait jamais eue.

*proverbe mongol

Ashimati et Feu
Février 2012


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Par Ashimati - Publié dans : Poèmes - Communauté : Ami-mot
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Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 02:22

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Khara Choûn






Une légère brume envahissait la surface du lac, flottant à quelques centimètres de l’eau, comme en suspension.
Il faisait froid à pierre fendre et pas un bruit ne retentissait, donnant l’impression que toute vie avait disparu, même le vent dans les arbres se taisait. Cet endroit si paisible en journée devenait à la nuit tombée un lieu de mauvais augure que personne n’osait approcher.
La brume s’épaississait au fur et à mesure des heures, donnant aux arbres qui bordaient les rives des allures fantasmagoriques où l’imaginaire prenait rapidement le dessus sur la réalité.
Soudain un hurlement déchirât le silence pétrifiant de peur et d’angoisse le plus petit brin d’herbe, un cri inhumain venu du fond du lac, un cri d’atroce douleur qui sembla se figer dans la brume.
Celle-ci sembla prise de mouvements incohérents, se mouvant en silence et au bout de quelques minutes, au beau milieu du lac, Elle apparut dans sa robe de mariée d’un blanc immaculé.

Ainsi donc toutes les sept lunes, elle revenait.

Elle semblait si frêle, là au milieu de ce brouillard qu’éclairait la maigre lueur de la lune à travers les nuages noirs et lourds qui se déplaçaient avec lenteur. Mais sitôt un nuage enfui, et avant qu’un autre ne vienne le masquer, l’astre de la nuit transperçait la brume d’une lumière givrée, d’un rayon argenté brillant comme la lame d’un sabre. Malgré la température glaciale la femme semblait ne pas craindre le froid. Sa robe de lin était simple, munie d’une ceinture qui soulignait sa taille, le tout sans fioritures, et lui tombait jusqu’aux chevilles, laissant apparaitre ses pieds nus. Un pendentif d’argent enserrant une pierre noire pendait à son cou, unique ornement.
Elle paraissait jeune, cependant on ne pouvait lui donner d’âge avec certitude, tant ses yeux lui mangeaient le visage, cernés, fiévreux, las.
Sans bruit, elle atteignit la rive du lac, au milieu des herbes figées de gel.
La nuit était de plus en plus noire, et les nuages s’amoncelaient, poursuivant leur course, et leur jeu avec la lune, tantôt la masquant entièrement, tantôt laissant filer un rai de lumière métallique. Le ciel se dégagea un bref instant, la femme avança, on pouvait voir couler un filet de sang de son poing qu’elle tenait serré.

Les prédictions de la vieille sorcière semblaient se concrétiser, lorsqu’elle les avait consultées, la septième rune avait laissé s’échapper une goutte de sang, figeant le visage de la nécromancienne.
Cette nuit serait une longue nuit, la comtesse Irisz Blanka Zwariski revenait sur ces terres, réclamer son dû.

En des temps reculés, la famille Zwariski régnait d’une main de fer sur un immense domaine très prospère, mais depuis bientôt huit cent ans, une malédiction frappait cette famille toutes les sept lunes. Un sombre présage qui revenait inlassablement torturer toute la campagne environnante et semer la terreur dans la région.

Les anciens savaient…

En 1289, le comte Zwariski partit pour un voyage aux frontières de la Mandchourie. Un bruit se faisait entendre au-delà des frontières.
Un mage ou plus exactement un shaman noir doté de pouvoirs très sombres possédait le savoir de la vie éternelle. Le chemin fut pénible et très long pour atteindre ce coin reculé dans les montagnes de la désolation, mais le comte y parvint enfin.
Lorsqu’il fut face au shaman, il lui expliqua qu’il voulait lui aussi la vie éternelle et qu’il était prêt à tout pour l’avoir. Le sorcier lui montra alors trois diamants noirs « Choisis en un, trempe le dans le sang d’une vierge que tu auras tuée de tes mains et tu vivras cent années de plus, c’est le prix à payer mais souviens toi qu’il est une saison où la fleur de nouveau refleurira, mais l’homme ne pourra jamais redevenir jeune*. (proverbe mandchou)

Le comte était hypnotisé par les trois pierres qui déjà le fascinaient et choisit celle de droite. Non seulement elle lui conférerait ce dont il rêvait depuis des années, mais des trois c’était la moins travaillée, la plus sombre, pourtant, elle captait la lumière de telle sorte qu’on aurait cru qu’un feu brûlait en elle.

« Cette pierre que tu as choisi c’est Khara Choûn, ce qui signifie Soleil noir, prends en grand soin et elle ne te décevra jamais »
Déjà il n’écoutait plus ce que le shaman lui disait concernant les deux autres cristaux.

Le mage regardait l’homme qui se tenait devant lui, presque en haillons, fatigué de sa longue marche et certainement affaibli par une alimentation frugale durant son voyage. Mais, il vit… il vit dans les yeux du comte les reflets du diamant, il vit aussi le feu se propager dans les prunelles. Il vit que le diamant avait pris possession de l’homme. Alors à ce moment, il sut.

Avant de prendre congé, le comte voulu dédommager l’homme sorcier. Celui-ci refusa.
« Ton voyage jusqu’à moi est ma récompense, et tu me paieras avec les vies que tu prendras, il m’en faut sept, n’oublie pas, lui dit-il, retourne d’où tu viens, ta route est longue.’

Il posa le diamant au fond d’un petit sac de cuir et le tendit au comte ;
‘La puissance de cette pierre est incontrôlable si tu ne sais te maitriser. Ne t’en sépare jamais’.
Zwariski mit la bourse au fond de son maigre sac et reprit la route non sans avoir salué le shaman.

Au bout de deux années d’absence, le comte retrouva enfin son domaine. Le long voyage lui avait tiré les traits, il était aminci mais ses yeux devenus noirs semaient le trouble chez qui croisait son regard, et sur sa poitrine se balançait un petit sac de cuir contenant son trésor.
Quelques semaine plus tard, il avait recouvré toute sa grandeur et gérait de nouveau son domaine d’une main de fer.

Il fit alors venir chez lui un orfèvre et lui demanda de monter le précieux diamant noir en médaillon, pas d’or précisât-il, que de l’argent.
L’orfèvre réalisât un travail remarquable en ayant donné au diamant un écrin ou resplendissait toute sa beauté, mais on entendit plus jamais parler de lui.
Le comte qui allait sur ses cinquante ans compris qu’il était temps d’utiliser les pouvoir du diamant et se mit donc en quête d’une vierge.

Ses terres étant immenses, il avait beaucoup de personnel à son service, dont des contremaitres qui vivaient dans le domaine avec leurs familles. L’idée était tentante de sacrifier la jeune fille de l’un d’eux, mais il ne le fit point. Il préféra choisir sa victime en dehors de ses murs.

Ce fut à la tombée d’une nuit de fin d’été qui s’écoulait doucement qu’il partit à cheval en direction d’un village des alentours. Tous les paysans étaient, les jours, harassés par les travaux des champs, et le soir, il ne restait que les enfants et les jeunes adolescents pour s’occuper des tâches quotidiennes et qui eux pouvaient profiter de la maigre fraicheur qui tombait.

Le comte trouva sa victime près d’un enclos. C’était une jeune fille mince, presque trop fine, ses longs cheveux bruns relevés sur sa nuque blanche comme une perle, qui s’affairait à donner à manger aux bêtes. Elle ne le vit, ni ne l’entendit s’approcher.

On retrouva au petit matin, son corps exsangue à une centaine de mètres, posé dans l'herbe qui faisait un halo sombre autour d'elle. Le comte était revenu dans son manoir, à la nuit, et avant de mettre ses vêtements au feu, il en sortit une fiole, les mains tremblantes.

Entièrement nu, il décrocha de son cou le diamant noir et le tenant de la main gauche, il déversa dessus le contenu de la fiole, le sang de la vierge.
Pendant quelques secondes, il ne se passa rien, mais Khara Choûn buvait le sang et lorsque la dernière goutte disparu en son centre, il se mit à devenir rouge, il s’enflammait et la main du comte se mit à grésiller sous l’effet de la chaleur. Cela le brûlait atrocement, mais il savait qu’il ne fallait pas lâcher la pierre, puis soudainement ce fut son corps entier qui se mit à se consumer, le diamant répandait son aura .
Le temps semblait devenu éternité, lorsque le feu le quitta, il était épuisé, mais sentit en lui, une vigueur qu’il croyait à jamais disparue.

Cent années, il venait de gagner cent années de vie en plus, mais au-delà de tout, ce qu’il avait ressenti au travers de la douleur, c’était un plaisir tout à fait inattendu.
Il avait tué cette pauvre fille, juste parce qu’il le fallait, mais le revivre durant le transfert, lui avait procuré du plaisir, du vrai plaisir allant jusqu’à la jouissance ; et cela le sorcier ne lui en avait touché mot.

Khôtouri djobolon de douka akô, damou niyalmai beye Baimbi
Le bonheur et le malheur n'ont pas de porte ; seulement l'homme lui-même les cherche.
(proverbe mandchou)




Les jours qui suivirent, Zwariski resta cloîtré chez lui. Il se sentait gonflé à bloc et avait mille projets en tête. Il avait de l’argent, il avait des terres, et par-dessus tout, il avait LE TEMPS. Jamais personne ne saurait ce qui s’était passé cette nuit-là. Jamais personne ne vivrait jamais assez vieux pour que ce souvenir lui résiste.

Quand il sortit enfin, l’été se terminait dans de douces journées teintées d’or, la chaleur était encore vivace, mais les nuits devenaient juste un peu plus fraiches.
En ces fins de journées qui annonçaient un automne serein, les odeurs de terre se mêlaient aux restes de chaleur du jour, lui faisant repenser à ce fameux soir. A cette évocation il sentit son corps se tendre, et germa en son ventre un feu qui ne devrait plus le lâcher. C’en était trop, il devait aller jusqu’au bout.

Il se précipita dans les écuries, monta à cru sur son cheval, et sorti, déjà presqu’au galop. Sa monture fila hors du domaine. Le vent encore chaud, les odeurs lourdes de la campagne lui arrivaient au visage en même temps qu’il revoyait la nuque de la jeune fille. Il passa en trombe à l’endroit, désert maintenant, où il avait rencontré sa victime. Il continua à galoper encore quelques minutes, quand il vit au loin un groupe de jeunes femmes traverser le chemin pour s’enfoncer en riant dans la forêt. Il ralentit son cheval, et longeait l’orée du bois quand il la vit.

Une jeune femme, sans doute à la traîne du groupe, remontait le chemin les bras chargés de fleurs et de feuillages. Dans la pénombre, il la voyait sourire, le nez au- dessus du bouquet, tandis que les éclats de rire s’estompaient déjà, perdus, au loin dans les arbres.
Il n’y eut aucun bruit, seulement celui des sabots du cheval quand il repartit après quelques minutes.

Arrivé chez lui, le comte, comme la première fois, se mit nu, ôta la chaîne d’argent de son cou, et versa le contenu de la fiole sur la pierre. Comme la première fois, les brûlures virent sur ses doigts, mais il attendait la suite, c’est pour cela qu’il avait encore tué. Et la suite vint, encore plus intense que la première fois. Il sentait le plaisir poindre sous sa chair, il était assailli de frissons qui lui parcouraient le corps par vagues de plus en plus violentes, et la chaleur se faisait de plus en plus forte localisée dans son ventre et son thorax. Au paroxysme de sa jouissance il ne put retenir ses cris secoué de spasmes incontrôlables, tandis que le diamant dans sa main perdait son éclat.

Il savait qu’il gagnait cent autres années, mais son plaisir était ailleurs maintenant, il le sentait. Il resta prostré ainsi longtemps, devant l’âtre où se mourrait le feu, dans un état à moitié conscient, où le souvenir de la jouissance était encore trop fort pour songer à autre chose, jusqu’au petit matin, heure à laquelle, à quelques kilomètres de là, s’il n’y avait pas eu quelques traces rouges mélangées aux fleurs éparpillées autour d’elle, et son teint trop pâle, ceux qui retrouvèrent la jeune femme inerte, auraient pu penser qu’elle s’était endormie.


à suivre...



Ashimati et Feu
Février 2012

 


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